La présence féminine dans le secteur minier, les dernières portes à ouvrir


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L’industrie minière d’aujourd’hui ne ressemble plus à l’image traditionnelle typiquement masculine, d’hommes forts, mal dégrossis, barbus et sortants de terre couverts de suie. Toutefois, cette image perdure, de sorte qu’il y a encore trop peu de femmes au Québec occupant des emplois opérationnels dans les mines même les plus modernes. 

L’Institut national des mines profite de la Journée internationale de la femme pour reconnaître l’importance de l’intégration d’un
plus grand nombre des femmes occupant des postes clés, opérationnels et décisionnels dans l’industrie minière. Dans le texte qui suit, quelques exemples d’intégration réussie, dans un monde à prédominance masculine, permettent de mettre en
lumière les efforts consentis au cours des dernières années par les organisations à cet égard.

Des emplois décisionnels au sein du secteur minier

Les compagnies minières qui favorisent l’emploi des femmes dans les postes opérationnels sont généralement les mêmes qui accordent également une place importante aux femmes dans les emplois décisionnels séniors et au sein de leur conseil
d’administration. L’expérience démontre que la compétitivité de ces compagnies en est systématiquement renforcée. Au Québec, de plus en plus de postes de haute direction dans les entreprises, associations, ministères et centres de
recherche identifiés au secteur minier sont désormais occupés par des femmes. Citons par exemple, Mesdames Josée Méthot, présidente-directrice générale de l’Association minière du Québec, Valérie Fillion, directrice générale de l’Association d’exploration minière du Québec, Line Drouin, sous-ministre associée au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, Louise Grondin, vice-présidente principale, Environnement et développement durable chez Agnico-Eagle, Claire Lavallée, directrice générale de COREM, un important consortium de recherche minérale et Annie Rochette, directrice du CTMP, un centre de transfert technologique qui se concentre sur la technologie minérale et la plasturgie. Toutes ces femmes occupent des postes-clés qui contribuent à la prise de décision dans des dossiers prioritaires pour l’industrie minière.

Repousser les limites des métiers traditionnels pour les femmes

L’industrie minière offre une avenue professionnelle originale aux jeunes filles qui ont un intérêt marqué pour les sciences au secondaire et qui ne se voient pas évoluer dans les domaines scientifiques habituellement identifiés aux femmes, tel le monde biomédical. De plus, l’industrie minière a tout intérêt à encourager la diversification des genres parmi ses travailleurs afin d’augmenter l’attractivité des emplois miniers à forte composante scientifique qui offrent des opportunités de carrières fort intéressantes pour les futures travailleuses et travailleurs du Québec. Parmi les formations professionnelles directement en lien avec une carrière dans le secteur minier, c’est le diplôme d’études professionnelles en Conduite de machine de traitement du minerai qui semble attirer le plus les filles. D’ailleurs, 50 % du groupe qui débutera ce programme au Centre de formation professionnelle de Val-d’Or en mars 2015 est constitué de femmes. Ce qui réjouit l’établissement. Ce même programme donné aussi au Centre de formation professionnelle de la Baie-James jouit également d'un succès auprès de la gente féminine. L'établissement compte environ 12 % de femmes parmi les élèves depuis l'ouverture du programme.

Au-delà de l’impact immédiat sur la façon d’opérer les équipements miniers et des méthodes de travail qui diffèrent d’un genre à l’autre, une plus grande présence féminine au travail sur un site minier modifie le type de relations entretenues par les travailleuses et les travailleurs ainsi que l’ambiance, et ce, au profit de l’industrie minière. Augmenter la proportion de personnel féminin dans les mines correspondrait à une innovation majeure, capable de modifier positivement les valeurs et les attitudes au travail au bénéfice de la compagnie, notamment en accordant davantage d’importance à la sécurité sur les chantiers miniers.  

Les entreprises minières les plus novatrices soutiennent de plus en plus une contribution féminine accrue en adaptant leur milieu de travail, par exemple en mettant de nouveaux locaux à leur disposition et en encourageant les fournisseurs d’équipements de sécurité à adapter leurs produits à la physionomie féminine. Ainsi, les entreprises minières s’assurent que les vêtements de travail assurent le confort et la sécurité des travailleuses assignées à une tâche d’extraction ou de transport de minerai en contexte souterrain. En mars 2014, la Corporation minière Osisko, lançait son livret « Osisko au féminin » pour rendre hommage aux femmes travaillant dans leur entreprise. Le livret soulignait notamment leurs réussites au sein de la minière. Une autre façon de reconnaître l’importance et la place des femmes dans le secteur minier et d’assurer leur intégration et leur rétention.

L’industrie minière québécoise a déjà fait beaucoup de chemin pour tirer profit d’une plus grande intégration des femmes à sa stratégie de recrutement des ressources humaines. Bien que trop de fonctions opérationnelles sont encore perçues à tort comme typiquement masculines, les dernières années ont démontré une évolution certaine vers un univers qui s’enrichit de plus en plus grâce à la contribution féminine.  

Réf : Mining and gender expectations in the workplace, Sarah Gauen, MiRH, Forestry and Mining, Winter 2014, p.4-5 

LOPEZ-PACHECHO, Alexandra, POLLON, Christopher, ROLFE, Kelsey (2014). Les noms à connaître : 12 personnages dont l'énergie, l'imagination et l'impact ont été des catalyseurs du changement au cours d'une année tumultueuse, CIM Magazine, Volume 9, numéro 5, p.35.