SOQUEM : incubateur de talents québécois


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Depuis maintenant un demi-siècle, la société d'État agit comme un véritable incubateur permettant à des professionnels québécois talentueux et compétents d'explorer le Québec. 

Depuis sa création en 1965, la Société québécoise d'exploration minière (SOQUEM) a permis à un important bassin de jeunes diplômés d'acquérir de l'expérience, des compétences et une solide formation dans le domaine minier. Afin de souligner son cinquantenaire, nous vous proposons un article portant sur l'apport de cette société d'État qui a déjà marqué quelques générations.

Une structure
originale

Unique en son genre, la structure de SOQUEM a permis d’explorer le grand territoire du Québec, de diversifier son potentiel minéral et de réinventer les méthodes utilisées en exploration. Appuyé par une philosophie de gestion novatrice, SOQUEM a su développer sa notoriété en innovant, en appuyant la recherche, en favorisant l’embauche de nouveaux diplômés et l’avancement de professionnels du secteur minier, ce qui a mené à la découverte de plusieurs nouveaux gisements pour une diversité de métaux et de minéraux industriels. Les projets miniers Niobec au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mines Seleine aux Îles-de-la-Madeleine, mines Arnaud à Sept-Îles et le projet Renard dans le Nord-du-Québec sont des exemples concrets.

L’Institut national des mines dans sa mission comme conseiller auprès du ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche partage en grande partie les valeurs et les objectifs de SOQUEM. En effet, depuis 50 ans, SOQUEM a contribué directement et indirectement, notamment à travers Cambior, à la formation de nombreux travailleurs miniers et à la qualité de la
main-d’œuvre minière. « Je pense que la dynamique de la première mouture de SOQUEM, dont faisait partie mon père, Marcel Vallée, avait envie de réinventer l’exploration. De plus, à sa création, SOQUEM a permis de faciliter l’accès à des francophones dans l’exploration minière au Québec et, grâce à SOQUEM, l’expertise des francophones dans le domaine minier s’est fait reconnaître », explique l’ingénieur géophysicien Marc Vallée. 

Depuis le milieu des années 2000, le siège social de SOQUEM, est établi en région, ce qui est rare pour des organisations gouvernementales. « Cela témoigne d’une volonté de se rapprocher des régions minières, de croire en leur développement et de mieux connaître les gens qui les habitent », explique Robert Marquis, président-directeur général de l’Institut national des mines et ancien employé de SOQUEM.  

Incubateur de
jeunes professionnels et de travailleurs expérimentés

À la fin des années 70, SOQUEM a accueilli un bassin important de géologues dans ses rangs. Selon le géologue Denis Landry, qui a œuvré pendant 18 ans pour SOQUEM, l’organisation offrait une place de choix pour la relève. La chance d’être supervisé par des mentors était une belle opportunité d’apprendre des notions complémentaires à la formation initiale et de relever des défis professionnels. Les possibilités d’avancement dans l’organisme offraient également un terroir riche pour les jeunes diplômés. « SOQUEM a toujours eu la réputation d’être une école. Les cadres avaient cette volonté de garder les bons éléments le plus longtemps possible avec eux », résume Denis Landy, président fondateur de Sodémex. 
 

« Au cours des années 90, Jacques Bonneau, vice-président Exploration de l’époque, avait la volonté de développer un esprit d’équipe, d’accroître les compétences de tout un chacun, et ceci, dans un climat de complicité hors pair », se souvient Marc Boivin. Plusieurs personnalités du secteur minier,qui occupent aujourd’hui des postes de direction dans les minières et les
organismes du secteur minier au Québec, ont réalisé un passage chez SOQUEM.
 

SOQUEM : une notoriété 
d’innovation et d’avant-gardisme 

SOQUEM a été un précurseur en ce qui concerne l’innovation et l'avant-gardisme. Dès ses débuts, dans les années 60, les premiers grands levés géoscientifiques à l’échelle régionale de fond de lacs et de radiométrie pour l’uranium sont de
beaux exemples. « SOQUEM couvrait de grands territoires et sortait des sentiers battus tout en mettant en œuvre sa vision innovatrice. Il avait déjà perçu à l’époque l’importance et le potentiel de certains métaux dans la fabrication d’alliages nouveaux qui ont permis par la suite l’émergence des nouvelles technologies des années 2000. Même du côté environnemental, certains
métaux avaient déjà été repérés comme moyen de favoriser l’énergie verte », explique Denis Landry. 

SOQUEM a aussi contribué au développement et au test d’outils géophysiques sur le terrain, depuis l’invention des bottes de prospecteur et du tapis de prospection du Dr Edwin Gaucher jusqu’à la méthode Infinitem. Pour Marc Boivin, c’est l’accès à des collaborations avec l’industrie grâce à SOQUEM, qui a permis de développer la méthode Infinitem, toujours utilisée de nos jours pour explorer en grande profondeur et pour détecter des gisements conducteurs jusqu’à 450 m. « J’ai pu parfaire mes connaissances dans mon champ de spécialisation en inventant cette méthode géophysique qui est d’ailleurs brevetée. SOQUEM m’a permis d’aller au bout de mes idées », a rappelé Marc Boivin qui a œuvré pendant 13 ans chez SOQUEM.

Pour maintenir la volonté des professionnels à se dépasser chez SOQUEM, les employés ont toujours eu la chance d’assister à des événements, à des formations et à des congrès spécialisés, et même s’associer à des groupes de recherche. SOQUEM a soutenu des études géologiques graduées par des personnalités marquantes du secteur minier. L’organisation est donc devenue, au cours des années, une organisation qui a à cœur l’aspect « formateur » de ses professionnels. « L’expérience acquise par le travail est très importante et les contextes diversifiés de SOQUEM ont permis un riche apprentissage », a exprimé Marc Vallée.  

L’après SOQUEM : 
place aux entrepreneurs 

Beaucoup de professionnels du secteur minier qui ont travaillé pour SOQUEM ont eu la chance de se bâtir un important réseau de contacts. Bon nombre de ceux-ci ont poursuivi leur cheminement professionnel en devenant entrepreneurs. Certains ont ouvert un bureau de consultation ou une entreprise de services et d’autres dirigent des entreprises minières ou sont à la tête d’organisme du secteur minier. 

Après avoir fondé les bases du programme Sodémex, Denis Landry a quitté SOQUEM pour poursuivre ce projet qui existe maintenant depuis 19 ans. Il a accompagné financièrement 125 sociétés par des financements de près de 90 M$, sans compter le rendement obtenu pour SOQUEM et pour la Caisse de Dépôt et Placement du Québec. Ainsi, le travail de SOQUEM a pu permettre l’avancement de d’autres projets au Québec, et ce, au bénéfice du secteur minier. 

Marc Boivin est également de ceux qui ont décidé de démarrer leur entreprise de consultants après avoir travaillé chez SOQUEM.  « SOQUEM nous a donné la confiance et les compétences pour devenir de bons entrepreneurs. L’université offre une formation de base de grande qualité, mais seul un organisme comme SOQUEM donne des connaissances pratiques et professionnelles,
qui permettent de rester connectés sur l’industrie minière », renchérit Marc Boivin, géologue-géophysicien chez MB Géosolutions.


L’avenir de SOQUEM

À partir des années 90, le rôle de SOQUEM a évolué. Désormais, SOQUEM est une institution québécoise essentielle qui assume un rôle de leadership notamment dans les périodes difficiles pour l’exploration minière. « Je leur souhaite d’être encore plus présent pendant les cycles baissiers de l’industrie minière afin de garder la bougie allumée, de continuer à réaliser des découvertes et de conserver un degré d’activités pour compenser le travail des entrepreneurs de sociétés juniors qui ont des difficultés de financement. Peut-être réactiver certaines découvertes? », souhaite Denis Landry, président fondateur de Sodémex. La capacité d’adaptation de SOQUEM aux variations importantes qui accompagnent les cycles miniers reste sans aucun doute l’un de ses défis d’avenir.