De géologue à enseignant en Technologie minérale : le parcours d’un pédagogue de Sept-Îles


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Dans le cadre de la Semaine des enseignantes et des enseignants, l’Institut national des mines (INMQ) désire souligner leur travail et celui de la relève au Québec. Voici le portrait d’un enseignant fort dynamique du Cégep de Sept-Îles, Alexandre Jean.

Détenteur d’un Bachelor of Science – Major in Earth and Planetary Sciences de l’Université McGill et d’une maîtrise en géologie, Alexandre Jean se destinait à une carrière en géologie. Après avoir expérimenté quelques emplois comme géologue, avoir vécu l’horaire typique fly in–fly out et connu le contexte parfois difficile de l’exploration, il a tenté sa chance comme enseignant au Cégep de Sept-Îles.

Sa vision de l'enseignement

À ses débuts en enseignement, Alexandre Jean avait une conception de l’enseignement bien différente d’aujourd’hui. Sa conception de l’enseignement a évolué. Selon lui, le cours magistral n’a plus autant de place qu’auparavant. La relation maître-élève existe encore, mais elle doit prendre une forme différente. Selon Alexandre, plutôt que d'agir comme l'unique détenteur du savoir, l'enseignant doit se voir comme un aide à l'apprentissage des élèves et plutôt que de livrer un discours à sens unique centré sur sa propre connaissance, il doit mettre en place un contexte d'apprentissage favorable où la stratégie d'enseignement est centrée sur l'élève. D’autres stratégies d’enseignement permettent l’intégration de la matière. « Au lieu de leur transmettre mes connaissances, je les invite à faire naître en eux ce désir d’en apprendre davantage et d’acquérir des connaissances et compétences par eux-mêmes. Notre rôle d’enseignant est désormais d’encadrer et de structurer leur apprentissage, favorisant ainsi le développement des connaissances et des compétences. La responsabilité de l'apprentissage est partagée entre l'enseignant et l'élève. Je considère toutefois que l'apprentissage est plus aisé si l'élève est activement engagé dans son apprentissage par les activités que lui prépare son enseignant que s'il est passif, l'écoutant étaler son savoir », explique l’enseignant. 

Les connaissances sur le monde minier, mais surtout sur l’aspect environnemental ont changé. Selon Alexandre, l’industrie minière et ses travailleurs doivent composer avec l’aspect minier, l’aspect environnemental et l'aspect sociétal. La formation minière au Québec devrait prendre désormais en considération les facteurs sociaux et environnementaux. La formation en Technologie minérale pourrait aborder des thèmes comme l’utilisation du recyclage et la récupération de métaux. 

La pédagogie vécue dans un environnement concret

Pour Alexandre, l’enseignement se réalise non seulement dans les laboratoires et en classe, mais peut aussi s’expérimenter dans un environnement authentique. C’est à vélo que le jeune enseignant a découvert son nouveau terrain de jeu, un site historique de la rivière Moisie près de Sept-Îles. Ancien site minier de fer, ce lieu historique oublié sera désormais analysé par de futures techniciennes et futurs techniciens en minéralurgie. « Je pourrais me limiter à l’analyse du minerai en laboratoire lorsque je donne mes cours. Cependant, je crois qu’il est important de réaliser l’apprentissage dans un environnement concret pour permettre aux diplômés en minéralurgie d’acquérir des bases solides », explique le pédagogue. Grâce à la découverte de ce site minier où s’est tenue la première exploitation minière de la Côte-Nord, les étudiants peuvent désormais mieux comprendre leur environnement en découvrant son histoire tout en apprenant davantage sur la minéralurgie.

Afin d'intégrer l'analyse de l'embouchure de la rivière Moisie à son enseignement, Alexandre a parcouru les plans de cours du programme en Technologie minérale, option minéralurgie. Actuellement, le premier cours en minéralurgie donné aux étudiants de première année de la Technique offre la chance de parler de l’histoire de la minéralurgie sur la Côte-Nord en allant visiter et travailler à l'embouchure de la rivière Moisie. À travers deux autres cours, les futures techniciennes et les futurs techniciens peuvent dorénavant traiter en laboratoire du minerai recueilli sur le site et explorer l’aspect environnemental de l’ancien site minier. Par conséquent, les étudiants sont actifs, motivés et plus impliqués dans leur apprentissage.

Grâce à ces compétences acquises en classe et sur le terrain, les étudiants travaillent leurs aptitudes en développant entre autres leur sens de la débrouillardise. « Nous les amenons à penser autrement, à être rigoureux et cohérents. On veut développer leur pensée critique. C’est essentiel de faire d’eux de futurs travailleurs ayant la capacité de réfléchir sur la théorie enseignée afin qu’ils soient en mesure d’appliquer des concepts sur différents minerais. Le projet intégrateur favorise ces objectifs », explique Alexandre.

En parallèle à l’enseignement, Alexandre réalise une recherche sur la pointe de la rivière Moisie en partenariat avec la compagnie Alouette et la Ville de Sept-Îles. Il s’agit d’un projet de recherche pour redécouvrir d’anciennes forges de ce site archéologique industriel exploité à la fin du 19e siècle. 

Quand la formation rencontre l’industrie

Dans le cadre du dernier cours de minéralurgie, Alexandre propose à ses étudiants de réaliser un exercice durant toute une session. En début de cours, chaque élève prend possession d’un minerai et d’une machine qu’il devra optimiser pour le traitement de ce même minerai. Les étudiants ont ainsi la chance de travailler sur des équipements utilisés dans les entreprises minières. À la fin du cours, les représentants des entreprises de la Côte-Nord sont invités à la présentation des travaux réalisés et évaluent les étudiants. Lors de cette activité, les étudiants exposent leur projet, leur méthodologie et leurs résultats. « Lors des présentations, les étudiants doivent répondre aux questions des représentants de l’industrie. C’est une bonne dose de stress pour eux et en même temps, une façon de leur permettre de faire du réseautage. Les entreprises peuvent aussi mieux comprendre ce que nous faisons en classe pour former leurs futurs travailleurs », conclut Alexandre.