La mine du futur : vers un écosystème minier!


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par Robert Marquis, président-directeur général
Institut national des mines 

Comment entrevoyez-vous la mine du futur? Grâce aux technologies de l’information et de la communication, communément appelé les TIC, la mine du futur sera un écosystème intégré et ultra-connecté dans lequel les TIC seront incorporées à tous les aspects du travail à la mine. D’ailleurs, la technologie nécessaire existe déjà.

Plusieurs fabricants développent des engins miniers autonomes ou semi-autonomes. Dans le contexte compétitif actuel, chaque fabricant met également au point son propre système de contrôle à distance.  

La station de travail de la mine du futur existe aussi. Quelques centres de contrôle à distance opèrent déjà des mines situées à des milliers de kilomètres et avec une fraction du personnel habituel. Les opérateurs miniers se trouvent alors dans des bureaux  équipés d’un panneau de contrôle et d’un ou plusieurs écrans. Ils surveillent en continu les engins mobiles et les machines fixes dont ils ont la responsabilité. Ils prennent également connaissance directement à l’écran, des informations pouvant les aider à la prise rapide de décision et ils utilisent les manettes d’un panneau de contrôle pour transmettre leurs consignes. De cette façon, un opérateur peut diriger à distance plusieurs équipements semi-autonomes télécommandés. 

L’objectif visé : un écosystème minier intégré!

Actuellement, les contrôleurs envoient de l’information et des consignes via le système en ligne et les opérateurs reçoivent des commandes vocales qui leur transmettent l’information pertinente tout en leur permettant de rester concentrés sur la tâche.  

Toutefois, la prise de décision en temps réel basée sur l’information, provenant de l’intégration de tous les processus, des systèmes et des données de géolocalisation du personnel et des équipements dans toutes les fonctions d’exploitation, n’est pas encore possible. Atteindre ce niveau de cohésion nécessitera l’accès à toutes les données de l’ensemble du plan d’exploitation et  leur intégration sur un système unique, un seul canal d’information. 

Pour l’instant, les systèmes exclusifs des fabricants d’équipement limitent la capacité d’échange d’information entre les équipements et les différents systèmes communiquent difficilement entre eux. Toutefois, de nouvelles entreprises technologiques surgissent et mettent au point des dispositifs, des plateformes, des directives et des protocoles ouverts. Ces entreprises ont compris que l’interopérabilité, fondée sur le partage et l’esprit de collaboration, est un puissant moteur d’innovation.

L’industrie minière, traditionnellement compétitive, cloisonnée et exclusive, fait face aujourd’hui à une problématique semblable à celle résolue pour le déploiement d’Internet, il y a 20 ans. On peut donc s’attendre à ce que l’interopérabilité arrive aussi dans le secteur minier et cela ouvrira la porte à d’autres changements majeurs. 

En attendant, plusieurs compagnies minières optent pour une automatisation progressive plutôt que pour le remplacement massif d’équipements pour des
raisons financières, technologiques, logistiques et humaines, car gérer les aspects humains de l’automatisation est  aussi complexe que relever les défis technologiques.