Innover pour rendre accessible l’enseignement supérieur en territoire nordique


Par Robert Marquis, Président-directeur général
Institut national des mines



À la mi-septembre, une quarantaine de passionnés de l’éducation se sont réunis pendant deux jours en Eeyou Itshee sur le thème Business and Higher Education.

Organisée à l’initiative du Conseil de bande de Chisasibi et avec l’appui du Secrétariat aux alliances économiques Nation Crie Abitibi-Témiscamingue (SAENCAT) basé à Val-d’Or, cette rencontre exceptionnelle a permis de poser les bases d’un partenariat d’affaires entre une communauté nordique en pleine croissance démographique et des institutions d’enseignement post secondaire bien établis dans le sud du Québec. Les discussions ont porté sur les moyens permettant de rendre accessible l’enseignement supérieur en territoire nordique. Elles ont également permis d’identifier les outils disponibles pour implanter le premier établissement d’enseignement supérieur sur les rives de la Grande Rivière.

Vers le premier établissement d’enseignement supérieur à Chisasibi

La pertinence d’ériger un premier établissement d’enseignement supérieur à Chisasibi est portée par la vision d’une communauté fière, désireuse de bien desservir sa population en pleine croissance. Ce rêve d’une éducation post-secondaire accessible localement se fonde dès le départ sur un soutien sans équivoque du Conseil des anciens, une institution locale très influente dont certains membres ont participé activement à la table ronde. Elle bénéficie aussi de l’implication et de l’expertise de la Commission scolaire Crie. Cette organisation bien structurée apporte actuellement son soutien à plus d’une centaine de jeunes de Chisasibi qui poursuivent une formation post-secondaire dans divers collèges et universités de Montréal et de Gatineau.

Co-animée par la chef adjointe de la communauté, madame Daisy House et par la directrice du SAENCAT, madame Chantal Hamelin, la première journée a été consacrée à une série de conférences thématiques portant d’une part, sur les attentes et d’autre part, sur les modèles de partenariat utiles à cette réflexion. Pendant la seconde journée, tous les participants ont contribué aux échanges en tables rondes. Ces échanges ont été alimentés par des questions concrètes, destinées à préciser les prochaines étapes de ce projet emballant.

Des partenaires potentiels

La délégation de l’Abitibi-Témiscamingue invitée à contribuer à la Business and Higher Education Roundtable était constituée de sept personnes représentant l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue en plus de l’Institut national des mines (INMQ) et du SAENCAT dont la mission traditionnelle de réseautage économique entre les Cris et les entreprises de l’Abitibi-Témiscamingue devient progressivement de plus en plus sociale.

L’INMQ voit dans cette initiative en éducation une réelle volonté de développement économique et social sur le territoire du Plan Nord, en réponse à une poussée démographique sans précédent. Il ne fait aucun doute que l’éducation postsecondaire est la clé capable d’ouvrir la porte de la confiance en soi, de l’expertise et du succès. Cette affirmation sans équivoque est aussi réelle sur les rives de la Grande Rivière, déversoir ultime des immenses réservoirs hydroélectriques de la Baie-James, que sur les rives du St-Laurent, le fleuve aux grandes eaux, qui s’écoule paisiblement 1 000 km au sud de Chisasibi.

En définitive, contribuer à concrétiser ce rêve représente une occasion favorable sans précédent de partager la vision de l’INMQ : l’importance de la formation tout au long de la vie. Saisir cette opportunité permet aussi d’élargir le réseau québécois des partenaires autochtones travaillant de concert avec les établissements des trois ordres d’enseignement, afin de mieux répondre aux besoins changeants de toute la société, pas seulement des entreprises minières.