Portrait des compétences numériques du personnel du secteur minier du Québec


Par Jeffrey Vaillancourt, chargé de projet
Institut national des mines



L’industrie 4.0 se matérialise dans les entreprises minières par la prolifération de toute une gamme de nouveaux outils numériques qui deviennent désormais essentiels au bon fonctionnement des mines. Cette quatrième révolution industrielle impose donc aux entreprises de nombreux défis technologiques et humains.

Dans ce contexte, l’Institut national des mines (INMQ) est particulièrement intéressé à documenter les éléments spécifiques qui concernent les nouvelles compétences attendues du personnel minier. Est-ce que les entreprises et le personnel minier d’aujourd’hui sont prêts pour l’industrie 4.0 ?

Afin de répondre à cette question, l’INMQ s’est joint à l’Association minière du Québec (AMQ) et au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines (CSMO Mines) pour établir un premier portrait de la situation. À l’été 2018, le CEFRIO, un leader au Québec en recherche et en innovation en matière de technologies de l’information et de la communication, a été mandaté pour recueillir et colliger les données qui permettront d’établir ce portrait.

Le premier objectif est de connaître le niveau actuel de compétences numériques des travailleuses et travailleurs du secteur minier. Établir un portrait représentatif du personnel minier nécessite une collecte de données considérable. Ces données ont été recueillies l’été dernier et au début de l’automne 2018. En définitive, la banque de données originales colligées pour établir ce portrait regroupe les informations fournies par environ 1 000 travailleuses et travailleurs répartis dans l’ensemble des mines du Québec. Ces personnes occupent des emplois divers dans les bureaux et les usines de traitement du minerai aussi bien que sur les  sites d’extraction souterrains et à ciel ouvert.

Le second objectif de cette étude consiste à documenter la perception des chefs d’entreprise relativement à la maturité numérique de leurs organisations en fonction des particularités propres à l’industrie minière. Ces dernières sont nombreuses : l’importance accordée aux enjeux de santé/sécurité, la grande diversité des types de gisements, les activités souvent cloisonnées entre l’exploration, l’extraction, le traitement et la restauration des sites, etc. Ces particularités sont propres à cette industrie innovante, tournée vers les nouvelles technologies, désormais essentielles pour augmenter l’efficacité, l’efficience et la productivité.

L’étude en cours permettra aussi des recoupements d’information, par exemple vérifier si la maîtrise de nouvelles technologies numériques varie en fonction de l’âge ou du niveau de scolarité des répondants. Cette fonctionnalité sera utile notamment pour planifier la seconde étape déjà conçue par l’INMQ et ses partenaires. Il s’agira alors d’utiliser le portrait résultant du travail en cours pour concevoir de nouveaux outils de gestion destinés à soutenir les entreprises minières dans la formation continue de leur personnel.

Le premier portrait des compétences numériques du personnel du secteur minier québécois sera présenté et commenté lors d’une conférence de Robert Marquis, PDG de l’Institut national des mines, à l’occasion d’un dîner organisé par la Chambre de commerce de Val-d’Or, le 18 décembre prochain, à 12 h. Il est possible de s’inscrire dès maintenant.