Simulateur, outil de formation


Au Québec comme ailleurs dans le monde, il est désormais possible d’exploiter à ciel ouvert des gisements de métaux précieux et usuels dont la teneur métallique est de plus en plus faible. La rentabilité de ces exploitations dépend alors de la capacité de déplacer, broyer et traiter chaque jour une quantité de matériel considérable. Pour ce faire, les compagnies qui opèrent des mines à ciel ouvert ont recours à des d’équipements miniers surdimensionnés, par exemple des camions de 240 tonnes et les chargeuses hydrauliques correspondantes.

Actuellement, au Québec, aucune formation professionnelle (DEP) n’est offert pour former les opérateurs de ces équipements miniers surdimensionnés.  Longtemps restreint aux mines de fer, ce type d’équipement est pourtant de plus en plus utilisé pour l’exploitation de mines d’or (mine Canadian Malartic) et de nickel (projet Dumont Nickel).




l'enseignement par simulation


Les simulateurs d’exploitation minière offerts sur le marché international facilitent la formation sur un vaste éventail de matériel minier. Ils allient un réalisme inégalé avec la possibilité de reproduction fidèle de la performance de véhicules spécialisés non seulement dans des conditions normales, mais aussi dans des conditions extrêmes qui ne pourraient pas être simulés sur de vrais équipements. La simulation de conditions extrêmes (pluie intense, plaques de glace, crevaison, incendie de moteur, etc.) permet de mieux préparer les étudiants à faire face à un grand nombre de situations d’urgence et d’événements imprévus.

Une recherche récente menée par l’Institut indique qu’un nombre croissant d’entreprises minières actives au Québec et au Canada mettent à contribution les nouvelles technologies de simulation directement sur leurs sites miniers. Certaines l’utilisent pour la formation continue de leurs employés, tandis que d’autres utilisent les simulateurs miniers pour sélectionner, former et intégrer plus facilement les travailleurs issus des communautés autochtones et inuites.

L’offre de service des concepteurs de simulateurs miniers, qui occupent une position de leader dans ce marché en développement rapide, ne se limite pas à la vente et à l’entretien d’équipements et de logiciels. Certaines compagnies, telles que CAE, offrent également des programmes de formation sur mesure adaptés aux besoins exprimés par leurs clients industriels. De plus, les modules de simulation eux-mêmes peuvent être personnalisés pour reproduire l’environnement physique de sites miniers réels. Cette option permet aux élèves d’acquérir une vision globale du  site minier sur lequel ils travailleront tout en apprenant la conduite d’un équipement spécifique. Il s’agit là d’un avantage certain sur la formation traditionnelle, car la complexité d’un site minier est difficile à percevoir en totalité à partir d’un véhicule en mouvement.




Un retard pour le québec


Au Canada, plusieurs juridictions provinciales ont récemment entrepris des démarches pour équiper leurs établissements d’enseignement public spécialisés de simulateurs miniers produits en Australie ou en Afrique du Sud. Au Québec, aucun centre de formation professionnelle ne dispose de cette technologie et leur intégration éventuelle aux cursus offerts par les établissements d’enseignement public spécialisés, dans le secteur minier, demeure un défi considérable.

Comparativement aux autres juridictions canadiennes, le Québec accuse donc un retard dans ce domaine. L’intégration de simulateurs aux programmes existants offrirait pourtant de grands avantages, notamment en ce qui concerne la mise à jour des programmes de formation professionnelle en extraction du minerai.  L’utilisation de simulateurs faciliterait également l’implantation d’un nouveau programme spécifique aux mines à ciel ouvert, sans nécessiter l’achat et l’entretien d’équipements miniers surdimensionnés.


emplois à pourvoir dans le secteur minier


Malgré le léger ralentissement du secteur minier en 2013, les perspectives d’emplois restent toujours favorables pour les cinq années à suivre. L’offre de formation d’avant-garde doit être priorisée par les établissements scolaires puisque l’industrie minière constitue une importante source d’innovation.