L'Institut national des mines lance le rapport de recherche documentaire "Reconnaissance des acquis et des compétences en formation minière de niveau secondaire"


L’Institut national des mines (INMQ) a lancé ce matin son premier rapport traitant de la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) en formation minière menant à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP). Ce rapport, intitulé « Reconnaissance des acquis et des compétences en formation minière de niveau secondaire », constitue une première mondiale sur la recherche en reconnaissance des acquis en formation professionnelle de niveau secondaire dans le secteur minier, de langues française ou anglaise. Par cette publication réalisée en partenariat avec les chercheurs Mme Rachel Bélisle et M. Eddy Supeno de l’Université de Sherbrooke et du Centre d’études et de recherches sur les transitions et l’apprentissage, l’Institut national des mines souhaite promouvoir ce cheminement professionnel souvent méconnu.

 
La démarche RAC en formation professionnelle dans le secteur minier

Ce rapport fait état de la situation dans trois commissions scolaires (CS) québécoises : la CS de la Baie-James dans le Nord-du-Québec (CFP Baie-James), la CS de l’Estuaire de la Côte-Nord (CFP Forestville) et la CS de l’Or et-des-Bois de l’Abitibi-Témiscamingue (CFP Val-d’Or). Quatre programmes de formation professionnelle du secteur Mines et travaux de chantier sont ciblés : forage au diamant, extraction de minerai, conduite de machines de traitement du minerai et conduite de machinerie lourde en voirie forestière. D’ailleurs, ces quatre programmes disposent de l’instrumentation ministérielle pour procéder à la RAC.

Définie par le ministère de l’Éducation comme une démarche permettant aux adultes d’obtenir la reconnaissance officielle de leurs acquis et de leurs compétences en lien avec un programme d’études; la RAC est une opportunité pour faire reconnaître l’expérience professionnelle. Advenant que l’une des compétences de l’individu en démarche RAC ne soit pas reconnue en totalité, les établissements d’enseignement offrent un plan pour l’acquisition des compétences défaillantes et accompagnent jusqu’à l’obtention d’un diplôme.

L’étude traite de l’apport que ce type de démarche peut avoir sur l’attraction, la rétention et la mobilité de la main-d’œuvre. De plus, des pistes d’action et de recherche sont présentées afin que la RAC joue pleinement son rôle dans le secteur minier.

Des exigences de plus en plus grandes à l’embauche

Une analyse comparative réalisée par l’INMQ en 2017 constatait un accroissement dans le secteur minier de la formation offerte en entreprise ainsi que des exigences à l’embauche. Ainsi, c’est un peu plus du deux tiers (69 %) des entreprises répondantes qui disaient exiger en 2016, un DEP à l’embauche alors qu’en 2013, aucune entreprise n’avait mentionné ce diplôme comme exigence d’embauche. À l’époque, les entreprises révélaient qu’elles embauchaient sur la base de la formation modulaire du travailleur minier (FMTM) et sur la base de l’expérience professionnelle. « Aujourd’hui, les technologies de la mine intelligente telles que la robotisation, l’intelligence artificielle, le contrôle à distance et l’automatisation demandent de nouvelles compétences et expliquent en partie l’accroissement des exigences à l’embauche. Favoriser l’employabilité de la main-d’œuvre minière québécoise, et ce, grâce à la démarche RAC, est une solution à envisager », explique le président-directeur général de l’Institut national des mines du Québec, M. Jean-François Pressé.

Quelques constats du rapport

Malgré le fait que le secteur minier ne soit pas un secteur phare de la RAC au Québec, la performance RAC dans ce secteur est proche de la moyenne québécoise avec des variations selon les programmes. Des constats ressortent de ce rapport :

• C’est dans le programme en extraction du minerai suivi de forage au diamant qu’il y a eu le plus de personnes inscrites à la démarche RAC entre 2014 et 2018;

• C’est dans le programme en extraction du minerai qu’il y a eu le plus de diplômés entre 2014 et 2018;

• Peu de diplômés dans les programmes de conduite de machine de traitement du minerai et de conduite de machinerie lourde en voirie forestière entre 2014 et 2018;

• La durée de la démarche RAC jusqu’à l’obtention d’un diplôme est évaluée d’une journée à trois ans;

• La démarche RAC en formation minière favorise chez l’individu deux éléments majeurs : l’atteinte d’un nouveau poste dans une entreprise et l’augmentation de la confiance en ses compétences;

• Les établissements d’enseignement offrant les quatre programmes de formation professionnelle de ce rapport ne disposent pas
toujours de ressources humaines consacrées uniquement au programme RAC;

• La RAC dans le secteur minier fait appel à 6 des 8 conditions de reconnaissance des acquis (preuve d’une formation scolaire reconnue et réussie, certification d’une évaluatrice ou d’un évaluateur, production personnelle).


Études de cas à venir

Considérant que le processus de Reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) pouvant mener à la diplomation en formation minière est peu documenté au Québec, l’Institut national des mines poursuit ses travaux sur le sujet en partenariat avec les chercheurs de l’Université de Sherbrooke. Ce nouveau projet de recherche, qui s’échelonnera sur deux ans, permettra de suivre une dizaine de personnes ayant entrepris une démarche de RAC dans quatre programmes de formation professionnelle menant au secteur minier.  Au terme de ce projet, l’INMQ pourra mieux comprendre le parcours des personnes et leurs motivations à réaliser une démarche de RAC ainsi que les effets de celle-ci dans leur vie professionnelle et personnelle. Ainsi, l’Institut national des mines pourra poursuivre son mandat, celui de conseiller le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, M. Jean-François Roberge.